J’ai Fait Une Erreur Terrible! (Z.T. Fomum)

Nous étions mariés depuis trois mois lorsque j’ai commencé à la comparer aux autres filles dont j’avais découragé les avances. Elle n’était pas aussi travailleuse que Monique ou Chantal. Elle n’avait pas l’esprit ni l’humour de Marie-Chantal ou de Suzanne. Elle était loin d’être aussi sensuelle que Sylvie ou Dorotha. Il lui manquait ceci ou cela. Je m’ennuyais avec elle. J’avais fait le mauvais choix. C’était le drame de ma vie. Il fallait divorcer avant qu’il ne soit trop tard. Et je réfléchissais...

 

* * *

Il était 2 heures du matin. Je venais d’avoir un long entretien avec un couple dans notre Clinique pour Maladies Spirituelles. C’était un moment difficile. La séance avait commencé à 22 heures. Ce furent quatre heures d’angoisse. Elle me dit: «Dr Fomum, je n’ai pas de chance. Puis elle éclata en sanglot et pleura longtemps. Si seulement j’avais écouté les conseils! Cet homme est absolument inutile. Je ne trouve aucune bonne chose en lui. Si seulement j’avais écouté! Elle continua à pleurer. Elle était enceinte. L’acte de mariage venait à peine d’être signé et elle était déjà profondément frustrée. Je regardai l’homme. Il était beau. Il avait un bon emploi. Je dis à la femme: «Il y a sûrement beaucoup de bonnes choses en lui. Il est beau». Et j’essayai de relever autant de bonnes choses qu’on pouvait remarquer en lui à première vue. Mais elle continua à pleurer et dit: «Il n’a rien en profondeur. Je suis ruinée. Je suis ruinée. Je souhaiterais avoir une deuxième chance... J’ai commis l’erreur de ma vie et maintenant je dois la supporter. Comment vais-je m’en sortir toute ma vie durant? Comme je souhaiterais mourir pour que tout cela puisse s’arrêter!…»

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Il avait une bonne position sociale. Elle était bien éduquée et élégante. Ils étaient mariés depuis 16 ans. Ils avaient des enfants. Ils avaient des biens. Puis elle vint me demander conseil, et voici ce qu’elle dit: «J’ai toujours su dès le départ que cela ne marcherait pas. J’ai toujours senti que je devais dire ‘Non’, mais je ne l’ai pas fait. Puis nous nous sommes mariés, et cela a été 16 années d’enfer.»

* * *

«Au début, il me suppliait. Il faisait tout ce que je voulais. Je le menais avec mon petit doigt. Chaque fois que nous nous querellions, c’est lui qui prenait l’initiative de rétablir la paix. Il m’achetait des cadeaux. Il me donnait tout ce que je voulais. Je ne lui donnais rien. J’avais de profondes réserves dans mon cœur. Je savais que je ne pouvais jamais être satisfaite. Il lui manquait quelque chose que je ne pouvais pas décrire. Il ne pouvait tout simplement jamais me faire sortir de moi-même et me satisfaire. Quoi qu’il en soit, j’étais très flattée par le fait qu’il me donnait tout. Alors je décidai de l’épouser afin d’avoir un adorateur qui pourvoirait à mes besoins. Puis nous nous mariâmes et il se transforma en tigre! J’avais maintenant le malheur d’être forcée de courir après lui pour recevoir le moindre baiser. Si seulement j’avais su!»

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«Ce sont mes parents qui avaient tout arrangé. Il était mon aîné de plusieurs années, et il avait de l’expérience à tout point de vue. Je n’avais que 17 ans. Lorsque je le vis, je n’aimai pas son apparence bien qu’il fût très beau. Nous nous sommes mariés. Mais tout au long, je ne l’ai jamais aimé. Lui m’aimait, mais s’intéressait aussi aux autres femmes. Je ne me donnais à lui que lorsque je voulais obtenir quelque chose de lui. Il y avait un autre homme que j’aimais et que je respectais. Il aurait été pour moi le mari idéal. Il m’aimait et me respectait aussi. C’était tout pur entre, mais nous n’étions pas de la même tribu…»

* * *

«Nous avions grandi dans le même village et étions des amis. Nous avions le même âge. Je lui avais promis de l’épouser et elle m’avait dit ‘oui’. Cela s’est passé il y a 12ans. J’entrai au collège. Elle fit deux années d’études secondaires et devint institutrice dans une école primaire au village. Lorsque j’arrivai au lycée, nous continuâmes à nous écrire. Plus tard, j’entrai à l’Université et m’inscrivis en médecine. Maintenant, ma formation est terminée. Elle est toujours une institutrice de village. Elle ne me comprend pas. Je ne la comprends pas. Je l’aime encore, mais ce n’est plus l’amour qui produit le désir. Pour moi, elle est comme une sœur et une amie. Elle m’attend anxieusement. Depuis plusieurs années, je savais que je ne pouvais pas l’épouser, mais je n’avais pas eu le courage de le lui dire. J’avais peur de la blesser. Mais dans mon cœur, cette relation est terminée.» Puis il me dit: «Regarde sa lettre. Lis cette partie.» Je m’approchai et je lus: «Oh chéri, j’ai attendu et attendu pendant des siècles et maintenant mon rêve est sur le point de se réaliser. Quand viendras-tu? Tout en moi est en flammes. Viens vite. Toutes les minutes qui nous séparent sont des minutes terribles. Nous nous marierons immédiatement. Toutes mes économies, je les mets à ta disposition pour que tu les utilises comme tu veux, et moi-même je suis toute à toi. Cette somme est suffisante pour payer ma dot et toutes les dépenses du mariage. Il nous en restera suffisamment pour vivre jusqu’à ce que tu aies commencé de travailler. Aussi, sois sans crainte. Viens tout de suite. Envoie-moi un télégramme pour me préciser l’heure de ton vol. Mes parents et moi-même serons à l’aéroport pour t’accueillir. Viens, mon chéri. Viens, mon roi. J’attends et je languis…» Puis il dit: «Dr Fomum, voilà mon problème. Comme j’aurais dû lui dire la vérité depuis des années. Que faire maintenant?»

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